Deux ans de crise sanitaire

Eñaut Aramendi

Porte-parole du mouvement LAB au Pays Basque Nord

 

Si nous voulons faire un point sur la situation socio-économique actuelle, il est indispensable de revenir rapidement sur les deux dernières années afin de bien comprendre comment le gouvernement français utilise la gestion de la crise pour s’attaquer de façon radicale à nos libertés individuelles ou collectives.


Depuis le début de la pandémie en mars 2020, la situation des travailleurs et travailleuses ne s’est pas améliorée. Au contraire elle s’est empirée. En effet, depuis mars 2020, les travailleurs et travailleuses ont vu leurs conditions de travail se dégrader au fur et à mesure que la pandémie avançait. Il a été demandé à la plupart des travailleurs et travailleuses de s’isoler et de s’enfermer chez soit du jour au lendemain sans vraiment savoir comment nous allions être rémunéré-e-s et beaucoup ont tout de même perdues des congés et du pouvoir d’achat. De nombreuses travailleuses et travailleurs de différents secteurs et notamment dans le secteur de la santé, des soins mais aussi des services comme les entreprises de nettoyage et les commerces dit essentiels, ont dû partir travailler face à un virus dont nous ne connaissions pas grand-chose à l’époque sans aucun moyen de protection, sans formation à l’utilisation des moyens de protections...

Les différents confinements à domicile, des couvres feux et assignations à domicile ont forcément entraîné des conséquences sur la santé psychologique des personnes et notamment chez les plus jeunes


Dès le départ, et dans un contexte d’incertitude et de peur, une des premières mesures mises en place par le gouvernement a été de contrôler les vas et viens des personnes. Le gouvernement a très rapidement mis en place une autorisation de sortie et de déplacements limitées à une heure de sortie journalière pour toutes les personnes confinées. Les différents confinements à domicile, des couvres feux et assignations à domicile ont forcément entraîné des conséquences sur la santé psychologique des personnes et notamment chez les plus jeunes.


Au même moment et dans l’intérêt notamment des grandes entreprises du capital, les droits des salarié-e-s ont été rognés. En effet, dès le départ les rôles et les missions des délégué-e-s des CSE ont diminués. Certains changements importants de fonctionnement dans les entreprises ont pu se mettre en place sans demander les avis des différents délégué-e-s des CSE. Aucune mesure dans l’intérêt des travailleurs et travailleuses n’ont été prises. Les moyens dans les hôpitaux n’ont pas été renforcés, les conditions de travail de l’ensemble du personnel soignant s’est dégradé et à cause de cela ce sont plusieurs milliers de lits d’hôpitaux qui ont été fermés ces deux dernières années du fait du manque de recrutement. Le télétravail a été imposé dans de nombreuses entreprises sans savoir si les conditions de travail allaient se dégrader ou pas.


Très rapidement, c’est le pass sanitaire qui a été imposé à la grande majorité des habitants. Dans certaines professions, le pass sanitaire est devenu obligatoire et de facto avec lui l’obligation vaccinale notamment dans tous les secteurs qui visent de près ou de loin la santé. C’est toute une partie des activités sportives, sociales et culturelles qui sont conditionnées pour toutes les personnes qui n’ont pas de pass sanitaire. A ce jour, le gouvernement veut aller encore plus loin et veut faire passer en force dès le début de l’année le pass vaccinal. Le vaccin est certainement un outil important dans la lutte contre la COVID 19 mais il n’est pas le seul rendre le pass vaccinal obligatoire pour une vie plus ou moins normale équivaut à rendre le vaccin obligatoire. Toutes ces mesures ont pour effet immédiat de diviser encore plus les populations, les familles et donc les salarié-e-s dans les entreprises.


Pendant que les travailleurs et travailleuses se divisent, le gouvernement continue de mettre en place ses réformes. Le maintien coûte que coûte de la réforme de l’assurance chômage aggravera la
paupérisation des plus précaires, la réforme des retraites est simplement suspendue et reviendra très certainement dans les tous prochains mois.

Toutes ces mesures ont pour effet immédiat de diviser encore plus les populations, les familles et donc les salarié-e-s dans les entreprises

Pendant ces deux ans, l’ensemble des dépenses courantes ont continuées d’augmenter (énergie, carburant, alimentaires…. Cependant, les salaires, le point d’indice, les minimas sociaux et les pensions eux n’ont pas augmentés. La précarité continue d’augmenter quand le grand capital lui continue à faire encore plus d’argent sur le dos des travailleurs et travailleuses.


Face à la colère montante dans de nombreuses entreprises, le gouvernement a mis en place de toutes petites mesurettes comme les 100 euros au chèque énergie, l’indemnité inflation de 100 euros, le gel du prix du gaz. Cela ne suffit pas ! C’est tout un système que nous devons repenser afin d’avoir une vie digne.
Pendant que le gouvernement met en place des systèmes pour encore plus contrôler et asservir les travailleurs et travailleuses, le grand capital continue de prendre du pouvoir. Même les scandales sur la fraude fiscale aussi gros que les pandora papers passent inaperçues. Les entreprises disent aux salarié-e-s que la crise sanitaire met en danger la situation économique mais elles continuent de distribuer de plus en plus de dividendes. Les mesures du gouvernement ont favorisé les détenteurs du capital, les plus riches.

Les entreprises disent aux salarié-e-s que la crise sanitaire met en danger la situation économique mais elles continuent de distribuer de plus en plus de dividendes


La colère monte un peu partout, les luttes et les grèves pour des revalorisations de salaires commencent à se faire entendre. C’est le cas par exemple à Leroy Merlin, Dassault, mais surtout pour tous les oublié-e-s du Ségur dans le médico-social.

 

L’ensemble des travailleurs et travailleuses du Pays Basque vivent au rythme des annonces du gouvernement Macron. Nous avons besoins de services publics, de plus d’hôpitaux publics afin de pouvoir faire face à la COVID.

 

C’est pour cela que LAB exige la mise en place de tables de négociations locales rapidement afin de construire avec l’ensemble des acteurs du territoire de réelles alternatives locales. LAB propose une nouvelle loi travail, basé sur la justice sociale, en faveur d’une semaine à 4 jours de travail, la réduction du temps de travail et le partage des richesses.

Le meilleur vaccin contre la COVID reste encore la lutte collective contre le système capitaliste et néolibéral en place, en faveur du partage des richesses et la réduction du temps de travail

 

Nous ne sacrifierons pas nos libertés individuelles et collectives et nous nous organiserons pour combattre la précarité et la pauvreté. Le meilleur vaccin contre la COVID reste encore la lutte collective contre le système capitaliste et néolibéral en place, en faveur du partage des richesses et la réduction du temps de travail.

 

Face à un système toujours plus offensif, une seule alternative : Euskal Herria !

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